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La carte postale tire son étymologie du latin charta, qui signifie papier, et du qualificatif posita, du verbe ponere (placer, déposer). De ce posita est dérivée la poste qui désigna d'abord un relais de chevaux et, plus tard, l'administration chargée de l'acheminement du courrier. D'après cette origine, on peut définir la carte postale comme un objet dont la destination est de voyager. La texture de la carte postale est celle d'un carton mince obtenu en collant ensemble plusieurs feuilles de papier (ce qui explique que sous l'action de l'humidité, nombre de cartes postales anciennes se séparent en trois morceaux) ou d'un bristol plus ou moins épais. D'édition officielle ou privée, mais soumise à des normes réglementaires, elle assure une communication à découvert grâce au service public des postes et bénéficie souvent d'un tarif réduit. Les collectionneurs apprécient en elle ses valeurs documentaires et artistiques. Le collectionneur de cartes postales
est dit cartophile, du grec philos, ami. C'est l'ami
des cartes. |
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La création officielle de la carte postale remonte à 1869 pour l'Autriche-Hongrie et à 1873 pour la France. Les documents ayant circulé à découvert avant ces dates (cartes à jouer, billets de visite, cartes commerciales) sont dits précurseurs. La cartophilie n'étant pas une science exacte, les experts s'accordent rarement pour fixer les grands moments de son développement. On peut cependant distinguer quatre étapes historiques. |
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1 - Les cartes pionnières de la fin du XIXe siècle, le qualificatif "incunable" devant être restreint aux cartes postales illustrées d'avant 1885. 2 - L'âge d'or de la carte postale, couvrant la période de 1900 à 1918, qui est celui des albums de nos grands-parents. 3 - La période semi-moderne, caractérisée par le déclin des valeurs documentaires et esthétiques des cartes ainsi que par l'apparition de l'actuel format 10,5x 15 cm. 4 - La période contemporaine
marquée, depuis 1975, par un renouveau qualitatif de
la carte postale. |
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La cartophilie tourne essentiellement autour de trois courants : le régionalisme, les thèmes, les illustrations. Le collectionneur de cartes postales est, dans une immense proportion, essentiellement un régionaliste. Il recherche un village, une ville, un canton, plus rarement un département ou une province. L'achat d'une carte constitue pour lui une sorte d'acte symbolique par lequel il retrouve ou conforte ses propres racines. Une autre catégorie de collectionneurs s'intéresse plus à la thématique vers laquelle les pousse leur profession (sapeurs-pompiers, dentistes, magasins d'antiquités, taxis, autobus ), voire d'autres choix dont les motivations ne sont pas toujours aussi évidentes (chats, poissons d'avril, angelots, nus, cloches, sorties d'usines, sortie de messe ). Un dernier groupe de collectionneurs
s'intéresse aux illustrateurs, domaine où l'on
rencontre des signatures prestigieuses qui figurent dans le
top collection, mais où l'on trouve aussi nombre de
petits maîtres de la carte postale, qui pour des prix
dérisoires, peuvent enchanter l'amateur. |
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La valeur des cartes est
déterminée par la loi de l'offre et de la
demande. Il existe de très beaux documents qui ne
trouveront jamais preneur, comme il en existe de vilains que
se disputent les amateurs dans les ventes publiques ou les
ventes sur offres. C'est pourquoi dans les quelques quatre
cent articles que j'ai publiés sur la carte postale
depuis 1983, je me suis toujours refusé à
donner des cotations. Il existe pour cela des argus dont
l'intérêt essentiel est d'éviter de se
faire "pigeonner" en échangeant une Mutcha contre un
poisson d'avril. En matière de cartophilie, et dans
d'autres types de collection, l'acte d'achat peut se
résumer comme la résolution d'un conflit entre
la raison et la passion : "ce document m'intéresse,
oui mais
jusqu'à quel prix?" Qu'on sache
seulement qu'un lot de "drouilles" se vendra difficilement
au-delà de 0,30 francs pour une petite carte
régionale, mais que certains documents trouveront
preneur à des sommes voisines ou supérieures
à 10.000 francs. |
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Les négociants présentent habituellement les cartes dans des bacs aux dimensions proportionnées. Ils ont soin de glisser les documents les plus rares dans des protections transparentes qui se prêtent aux multiples manipulations des collectionneurs. Les cartes qui composent la top collection sont généralement présentées dans des albums spécialement prévus à cet effet. On aura soin de se méfier des albums trop bon marché ou dont la composition chimique n'est pas clairement connue, l'acidité de certaines '"protections" ayant alors un effet inverse sur la conservation des cartes (notamment une adhésion au support). Les collectionneurs conservent
généralement leurs cartes dans des albums
prévus à cet effet, qu'ils achètent
majoritairement à des négociants connus pour
leur sérieux. Il en est d'autres, dont je fais parti,
qui, après avoir fait composer des pages
illustrées au format 21x29,7, y positionnent leurs
cartes sous un étui transparent, vulgairement
appelé "pochette" dans le monde des cartophiles. Ces
pages prennent alors place dans un classeur ordinaire et
peuvent être légendées ou
commentées. |
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